relation compliquee

Avant de le rencontrer, je sentais qu'il allait arriver.

Et puis il a débarqué, et là, j'étais entre le déni, l'incompréhension et la haine pendant quelques jours.

Puis j'ai décidé de l'accepter. Il faisait partie de moi, il allait m'accompagner quelques temps et on se séparerait.

Sauf qu'il est là et bien là. Il s'est installé pour de bon. Il a pris ses aises, il occupe l'espace. Et il ne compte pas me lâcher de sitôt.

Pour moi, après l'incompréhension, j'ai eu beaucoup de mal à accepter sa présence à durée indéterminée. En réalité, je ne sais pas si je l'ai acceptée. Certains jours, je suis fatiguée d'avoir peur au moindre doute, à la moindre douleur. J'en ai marre d'enchaîner les perfusions, les échographies, les scanners, les consultations... J'ai envie de retrouver le corps et l'énergie que j'avais il y a 4 ans, de faire des projets sans penser à un plan B si je suis trop fatiguée, de ne pas me poser la question de si je pourrai voir mon Fiston fêter ses 15, 18, 20 ans ou pas...

Il y a quelques temps, j'ai été voir un chiropracteur, qui m'a dit d'essayer de voir le cancer comme un compagnon de vie, et pas comme quelque chose que je porte à bout de bras ou sur le dos. Ce n'est pas forcément évident, mais ses mots m'ont fait penser à mon état d'esprit dans les premières semaines qui ont suivi le diagnostic, alors j'essaie. J'essaie de ne pas y penser, de laisser l'espoir m'envahir. J'ai passé un week-end à Strasbourg, sans penser à tout ça, sans ressentir la fatigue, en oubliant presque la maladie. J'espérais que ça durerait toujours, mais le rythme effréné de la rentrée m'a rattrapée. Mais je sais que, avant que le cancer se rappelle trop à moi, malgré les médicaments que je dois avaler tous les jours, il y aura d'autres moments comme celui-ci où je pourrai lâcher prise, mettre la maladie de côté et ne profiter que de l'instant présent.