Chance

Parfois, je l’avoue, je n’ai pas le moral parce que je ne vois pas de fin à ce traitement, pas de guérison possible. Parce que, depuis bientôt trois ans, je vis avec cette épée au-dessus de la tête, je ne peux plus vivre dans l’insouciance. Parce que, depuis bientôt trois ans, j’ai cumulé un certain nombre « d’effets secondaires », de petits et gros soucis dont je me serais bien passée. Parce que parfois, je me sens vieille, fatiguée, sans énergie.

Et puis, il suffit d’une rencontre, d’une discussion avec quelqu’un qui me réexplique, avec d’autres mots, mon traitement. Et là, même si je le savais déjà, je prends conscience que j’ai une chance folle d’être tombée malade il y a seulement trois ans, dans les années 201*. J’ai une chance folle d’être tombée malade en France, où chacun peut être soigné. J’ai une chance folle de pouvoir poursuivre un traitement, certes parfois un peu trop présent, un peu pesant et contraignant, surtout pour quelqu'un qui travaille, mais à la pointe de ce qui existe actuellement. J’ai une chance folle de pouvoir vivre avec la maladie, alors qu’il y a ne serait-ce que 15 ans, ça n’aurait pas été possible. J’ai une chance folle de pouvoir travailler, de voir grandir mon fils, de pouvoir faire des projets avec mon amoureux... Et j’ai envie de croire que l’avenir sera encore meilleur !