Si_loin_si_proche

Aujourd'hui, l'ami Facebook me rappelle qu'il y a deux ans, j'avais besoin de douceurs pour atténuer la peur qui s'emparait de moi petit à petit. Il y a deux ans, les doutes se confirmaient et c'était le début réel de mon marathon : la gynéco qui me prend un RDV pour le lendemain pour une mammographie, qui montre que quelque chose ne va pas et entraîne une biopsie en urgence pour le lendemain... Moi qui avais organisé un week-end cocooning avec une soirée zen à la piscine avec Mathilde, me voilà atteinte de plein fouet, mes projets chamboulés (je croyais naïvement que je pourrais aller à la piscine juste après la biopsie :-D).

 

"A mon avis, il va falloir enlever QUELQUE CHOSE" BING !

"Excusez-moi, on m'a appelée" [en plein milieu de la mammographie, alors que je n'avais rien entendu] BING !

"Il y a une TUMEUR. Mais on ne sait pas encore si elle est cancéreuse, on aura les résultats seulement dans quelques jours." BING BING BING !!!

 

Dans mon malheur, j'ai eu la chance que ma maman soit de passage à Paris. Quand je lui ai dit que je devais faire une mammographie d'urgence, elle, qui devait juste faire un changement de train, est accourue à mes côtés. Elle est restée pour la biopsie. Elle est restée le temps que mes larmes coulent, avant que je reprenne une figure normale pour le retour de Fiston. Nous avions besoin de douceur, alors je lui ai fait découvrir un resto que je savais qu'elle apprécierait, nous sommes allées voir une petite comédie sympatique et pas prise de tête pour rire un peu et nous changer les idées...

 

Deux ans déjà, encore si proches, et qui pourtant me paraissent bien loin quand je vois tout le chemin parcouru ! Il y a deux ans, il y a tellement de choses que j'ignorais au sujet de cette maladie et de son traitement... Je voyais des scènes de films dans ma tête. Mais surtout, surtout, je me demandais comment j'allais pouvoir continuer à m'occuper convenablement de mon fils tout en suivant les traitements.

C'est à peu près à cette période que, n'ayant pas réalisé l'étendue du mal [les ganglions s'étaient bien cachés, et on n'a vu les métastases que plus tard], un médecin m'a dit "On va vous guérir !" d'un ton tellement convaincu que je me suis raccrochée à cette phrase pendant les semaines qui ont suivi, même après la découverte des métastases. Ces 4 mots m'ont donné la force d'affronter les démarches administratives, de trouver les mots pour annoncer la maladie sans m'effondrer la plupart du temps, la confiance au début du protocole, malgré tout ce qui a suivi...