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18 mois.
18 mois sans course dans le métro pour arriver à l'heure en réunion ou pour pouvoir profiter de mon Fiston avant qu'il se couche.
18 mois pendant lesquels mes dossiers et rendez-vous s'appelaient chimiothérapie, radiothérapie, opération, échographie, scanner, IRM, doppler...
18 mois pendant lesquels je me suis concentrée sur mon corps, que j'ai senti évoluer, plein d'énergie par moments, fatigué, parfois très fatigué, tirant des signaux d'alarme...
18 mois pendant lesquels j'ai fait de nouvelles rencontres, avec des malades, des personnels soignants ou des "civils" ;-)
18 mois pendant lesquels j'ai appris plein de termes médicaux. A me faire des piqûres aussi.
18 mois pendant lesquels j'ai pu aller au cinéma le matin, voir quantité d'expositions, regarder des séries, lire quand je n'étais pas trop fatiguée, me remettre au tricot, flasher des Space Invaders dans Paris, seule ou entre amis, me reposer... 
18 mois pendant lesquels les amis sont venus, pour un déjeuner, un café, un peu de bricolage, garder mon fils, me tenir compagnie à l'hôpital.
18 mois pendant lesquels j'ai pu déjeuner avec ceux qui travaillent à Paris et que j'ai rarement le temps de voir par ailleurs.
Il y a 18 mois tout juste, je me souviens que le matin, me retrouvant seule et désœuvrée après avoir conduit Fiston à l'école, je pensais que j'allais m'ennuyer pendant cet arrêt maladie, et l'idée du blog a commencé à germer dans ma tête. Mais l'après-midi même, je rencontrais mon oncologue et l'infirmière coordinatrice, qui m'ont expliqué pendant deux heures tout ce par quoi j'allais passer et qui ont fini en me disant : "j'espère que vous êtes assez disponible les jours qui viennent, parce que vous allez avoir un emploi du temps de ministre avant la première chimio, qu'on prévoit dans 9 jours !" Effectivement, je n'ai pu faire qu'une sieste avant de commencer le traitement...

Alors aujourd'hui, après ces 18 mois, il y a la joie de reprendre le travail, de retrouver les collègues, mais il y a aussi un peu d'angoisse : est-ce que je vais être capable de supporter les transports en commun (2 heures !) ? Est-ce que je tiendrai le coup, je ne serai pas trop fatiguée ? Est-ce que tout n'a pas changé depuis mon départ ? Comment retrouver mes marques en étant à mi-temps ?
Et je crois que je ne suis pas la seule à avoir un peu peur de ce nouveau rythme :
- Fiston, comment je m'habille pour mon premier jour ?
(il réfléchit un moment)
- Maman, est-ce qu'il y en a qui se sont fait renvoyer du travail parce qu'ils étaient mal habillés ?