sophro_hypnosePour m'accompagner tout au long de ce marathon, je me penche sur les soins de support, ces médecines qui ne guérissent pas à proprement parler le cancer, mais qui peuvent accompagner les patients, notamment en leur permettant de mieux supporter les effets secondaires.

J'ai découvert la sophrologie il y a 8 ans, lors de ma grossesse. La sage-femme qui animait les cours de préparation à l'accouchement proposait également des séances collectives de sophrologie. Cette approche m'a permis de me rassurer, d'accepter les douleurs des contractions et de focaliser mon attention sur ma respiration pendant l'accouchement. Aussi, quand on m'a parlé de la présence d'une psychologue sophrologue à l'hôpital, je n'ai pas hésité à la rencontrer. Après un petit bilan sur mon expérience dans ce domaine, mes besoins (lutter contre les effets secondaires, les insomnies, se détendre, appréhender l'opération... il peut y en avoir beaucoup !), elle m'a demandé de visualiser un endroit ou une sensation qui me faisait du bien et dont je pourrais me servir pendant la séance de sophrologie. J'ai fait cette première séance de sophrologie pendant ma chimiothérapie, avec des gants glacés sur les mains - c'est très douloureux les 20 premières minutes - et... à un moment de la séance, j'ai réussi à occulter la douleur et à concentrer mes pensées sur quelque chose d'agréable, tellement loin de l'hôpital que j'ai atteint la phase agréable de semi-conscience, celle où on se sent sur le point de tomber dans l'endormissement ! Et comme j'ai pu enregistrer cette séance, j'essaie de l'écouter de temps en temps à la maison, car cela se travaille !

 Mais l'été dernier, entre les bouffées de chaleur et les maux de tête, je me suis décidée à voir également une hypnothérapeute. Alors que je suis allongée et que je ferme les yeux en séance de sophrologie, là, j'étais assise face à l'hypnothérapeute. Elle m'a fait regarder un tableau accroché au mur derrière elle, un peu au-dessus de son épaule.

J'ai trouvé de grandes ressemblances entre ces deux méthodes. Mais si en sophrologie, on visualise son corps partie après partie pour le détendre, l'hypnothérapeute m'a d'abord emmenée dans son tableau avant de partir en promenade dans un lieu que je lui avais décrit en début de séance. S'il est possible, en sophrologie, d'éprouver des sensations agréables par des suggestions (éloigner le froid ou la douleur en contractant ses muscles et en soufflant, ressentir la caresse du soleil sur sa peau...), l'hypnothérapeute m'a permis, en levant ma main d'une certaine manière, d'imaginer que j'avais un gant magique, qui permettait de réduire ou faire disparaître mes maux de tête.

Ces soins, on y est réceptif ou pas. Je sais que la sophrologie m'a souvent aidée : lors de mon accouchement, pendant la chimiothérapie, avant l'opération, et même pendant certaines longues séances de radiothérapie. Elle m'aide à trouver le sommeil, à faire des petites siestes réparatrices ou à me détendre. Et peut-être aussi qu'elle m'aidera au moment où je reprendrai le travail et qu'il faudra me réhabituer à un rythme intensif de métro-boulot-enfant-immuno...