vie_apres

Quand j'ai commencé ce marathon, il y a un peu plus d'un an, forcément, j'ai pensé à la mort. Pas tout de suite, mais on est obligé d'y penser, à un moment ou à un autre, quand on nous annonce que le cancer est plus avancé qu'on ne le pensait, ou quand on doit faire face à des complications... Mais j'ai vite évacué cette idée pour penser à la guérison. Au fait qu'un jour, tout serait derrière moi. A ce que je ferais à ce moment là.

Et puis, un jour, en fin de chimio, j'ai appris que j'aurais un traitement à vie. "Indéfiniment", selon le médecin. Alors, j'ai dû m'habituer à cette idée que ça n'en finirait jamais. D'un côté, j'étais soulagée : je lisais des articles parlant du blues post-traitement, qui ne me toucherait pas, vu que je verrais ma merveilleuse équipe médicale très régulièrement à vie !

Et puis, le traitement lourd (chimio-opération-radiothérapie) s'est terminé. Le premier bilan permet de dire que le cancer est "stabilisé" : il n'y a plus de tumeur, les marqueurs sont bons, les métastases ne s'étendent pas. Je ne verrai plus les médecins en consultation pendant plusieurs mois pour le première fois depuis le début.

Alors, si une page se tourne, il est difficile de se dire qu'on en a fini. Parce que je n'en ai pas complètement fini. Parce que, à moins que la recherche fasse d'énormes découvertes, je n'en aurai jamais fini. Parce qu'il faut apprendre à vivre avec, avec ces cellules malades qui dorment dans mon corps, avec ces bilans à faire régulièrement, avec ces perfusions toutes les trois semaines.

Je quitte cette longue période des traitements lourds avec le sentiment d'avoir gagné plein de petites et grandes batailles, tout en faisant quelques deuils, en apprenant beaucoup de choses sur moi et mes proches, en me sentant forte. Et même si ce chapitre ne sera jamais complètement fermé, il est temps de penser à prendre soin de soi. Alors, je me programme des journées cocooning, des escapades, une cure post-traitements, des vacances, la reprise du boulot... la vie presque normale !