1an

Aujourd'hui, c'est une journée un peu particulière, c'est la Saint Valentin, ça fait un an.

Un an que j'ai senti cette boule dans mon sein.

Un an que j'ai lu ces mots angoissants sur internet (oui, je sais, c'est pas bien...), qui m'ont directement fait penser que ça ressemblait très (trop) à un cancer, selon la description et ce que je ressentais.

Un an que je me suis dis : "ça pue, ça pue !" Puis "Nan mais t'as jamais palpé un cancer avant, prends RDV chez le médecin, tu auras bien le temps de t'angoisser..."

 

Aujourd'hui, c'est une journée un peu particulière. J'ai un peu envie de pleurer, et en même temps je pense à tout ce chemin parcouru en un an. Les moments difficiles. Les petits deuils. Les petites victoires aussi. Les coups durs. Les petits bonheurs.

Je revois cette année, cette période où j'ai failli mourir parce qu'on n'avait pas repéré que j'avais une embolie pulmonaire. La première chimio et surtout ses effets indésirables, durs, très durs, où je me demandais si ça valait tant le coup que ça. Les petits pépins post-opératoires qui m'ont fait rester quelques jours de plus à l'hôpital. Les difficultés à communiquer avec Fiston, la colère rentrée qui symbolisait notre inquiétude, notre amour l'un pour l'autre. La fatigue, l'épuisement parfois. Les incompréhensions, avec les médecins, les proches, parfois. La peur de ne pas avoir la capacité de m'occuper de Fiston, de ne pas pouvoir me lever le matin, de ne pas pouvoir monter mes escaliers. La tristesse de ne pas pouvoir être avec ma famille le jour de l'enterrement de mon grand-père. Et puis, il y a tous ces jolis moments qui restent gravés en moi. Ce soutien de la famille, des amis, des collègues, de lecteurs ici ou ailleurs, qui me porte comme une vague. Ces rencontres avec des gens formidables, à l'écoute, qui prennent le temps d'expliquer ce qu'on a besoin d'entendre 3, 5, 10 fois pour comprendre sans ambiguïté. Ces retrouvailles avec des amis plus ou moins perdus de vue. Cet amour que je sens autour de moi. Ces amitiés qui se sont nouées malgré la maladie, celles qui se sont renforcées. Ces amitiés, ces liens familiaux qui me font sentir vivante. Cette relation qui a tellement mûri entre Fiston et moi. Ces petites victoires, quand j'ai senti la tumeur diminuer entre mes doigts, au fur et à mesure des chimiothérapies ; quand j'ai enfin réussi à me faire mes piqûres d'anti-coagulant moi-même ; quand le chirurgien m'a dit qu'il n'y avait plus de tumeur ; quand le rhumatologue m'a dit que la métastase avait diminué et que l'os se redensifiait de lui-même.

 

Aujourd'hui, c'est une journée un peu particulière. J'ai un peu envie de pleurer, mais quand je lis ce que j'ai écrit, je vois plus de joies que de malheur. Aujourd'hui, je ne suis pas guérie, mais je vais mieux. Je sais contre quoi je dois me battre, je me sers des armes qui existent pour le faire et je suis entourée d'équipes de choc qui agissent sur tous les fronts. A vous, à eux, merci. Je compte sur vous, encore de longues années.