Byebye2016

Voilà déjà le 31 décembre, et avec lui le moment de faire le traditionnel bilan de l'année qui vient de s'écouler. J'ai l'impression que tout le monde autour de moi s'accorde à dire que 2016 a été globalement pourrie. Il faut dire que l'année 2015 nous avait laissés un peu KO, déjà...

J'avais commencé l'année en prenant de bonnes résolutions : profiter des petits plaisirs de la vie avec mon fils, mes amis, faire du sport, profiter de ma belle ville de Paris et de tout ce qu'elle peut offrir, voyager, résister à ma façon à ceux qui veulent nous faire peur et nous empêcher de sortir de chez nous. Et puis... un jour, où nous avions appliqué ces bonnes résolutions (piscine, notre grand plaisir, avant de retrouver un ami pour le goûter – est-ce que j'oublierai un jour ce 14 février ?), j'ai découvert cette boule, et bizarrement, c'est comme si je m'y étais préparée, comme si je m'y attendais un peu, sans y croire, en espérant que ce n'était rien, mais avec un mauvais pressentiment... Alors, plus que jamais, je me suis plongée dans le moment présent, à essayer de collectionner les bons moments qui deviendront de bons souvenirs, ne pas penser à demain, profiter de l'instant, de tous les instants, vivre au jour le jour.

Alors oui, j'ai pleuré cette année, au moment des tout premiers examens, au moment du diagnostic je crois, je ne sais plus... La seule chose qui m'importait, c'était de savoir comment j'allais m'en sortir avec mon fils pendant mon traitement, jusqu'à ce que je guérisse (la seule issue possible que j'envisageais, même si on parle plutôt de survie en oncologie...). Comment faire pour que la vie soit la plus douce possible pour lui, qui a déjà encaissé quelques coups ces derniers mois.

Alors, je me suis dévoilée, j'ai créé ce blog, ça m'a aidé d'écrire ce que je traversais, j'ai parlé, à beaucoup de monde, pas pour récolter pitié et compassion, non, pour que notre entourage sache que, même si on essaye de changer le moins possible nos habitudes, la maladie fait partie de nos vies maintenant. Onne l'a pas invitée, ça non ! mais on l'a accueillie, on a appris à vivre avec, à savoir demander de l'aide, à reconnaître nos forces et nos faiblesses. Ca n'a pas été facile, au début. A chaque examen, à chaque étape du traitement, un élément nouveau, une petite complication, et pour nous, le choc, l'incompréhension, la colère, mais aussi beaucoup d'amour, tout ce mélange d'émotions a été difficile à appréhender. Ces dernières semaines, quand mon fils me demandait, avant de partir à l'école, à quelle heure le taxi venait me chercher pour m'emmener à l'hôpital, j'ai mesuré le chemin parcouru en huit mois. Il a même pu suivre la dernière séance de radiothérapie avec les manipulateurs, derrière les écrans ("Les lasers, ils étaient tout verts !") - dire qu'en mai il refusait de me rendre visite dans ma chambre d'hôpital...

Alors oui, je me suis découverte, plus forte que je le pensais, peut-être aussi parce que j'ai préféré me préserver et ne pas aller regarder tout de suite sur internet combien de temps il me restait à vivre (je plaisante !) mais prendre le temps de digérer les mauvaises nouvelles et ne pas m'encombrer l'esprit avec des « si » et des « peut-être » ; j'ai découvert à quel point mon fils était sensible et attentionné, grand et capable de comprendre tant de choses, même si, lui aussi, il a besoin d'exprimer son inquiétude et sa colère à sa façon, de temps pour assimiler, tout comme il a besoin de sa famille et de ses amis, surtout ses deux fidèles camarades en qui il a entièrement confiance et à qui il raconte beaucoup de choses. J'ai découvert des équipes formidables, à l'hôpital et en ville, dans le milieu médical et paramédical, qui prennent le temps d'écouter, de conseiller, de demander des nouvelles, de moi mais aussi de mes proches...

Et puis j'ai (re)découvert ma famille, proche ou à je ne sais plus quelle mode, les collègues et partenaires professionnels, qui sont parfois devenus un peu plus que ça, les amis, ceux d'il y a 35 ans, ceux d'il y a quelques semaines, ceux que je n'avais pas complètement perdus de vue mais que j'ai pu revoir ces derniers mois, ceux qui ne m'ont pas connue « avant », ceux du quartier, ceux de l'autre côté du périph, ceux de l'autre côté des frontières, voire Down Under ;-), ceux que je connais depuis plus ou moins longtemps sans les avoir jamais rencontrés mais qui sont présents, vous tous qui m'avez aidée de n'importe quelle façon, parfois même sans le savoir, fait voyager, rire, découvrir de nouveaux univers, avez découvert le mien... Grâce à eux, malgré les difficultés, je peux dire que je suis heureuse aujourd'hui, et j'espère pouvoir leur donner autant que ce que vous m'avez apporté cette année.

2016 aura été l'année de beaucoup de premières fois (et de dernières, j'espère !). J'ai franchi beaucoup d'étapes : chimio (avec ses complications), première opération (avec ses complications), radiothérapie. J'ai surmonté ma peur des aiguilles et appris à me faire moi-même mes piqûres. Et je profite des moments où je suis moins fatiguée pour me promener, faire le plein de belles images, de jolis moments, de petits plaisirs auxquels me raccrocher quand ça va moins bien.

Encore merci à ceux qui m'accompagnent, chacun à sa façon. Je vous souhaite d'excellentes fêtes de fin d'année en compagnie de ceux que vous aimez et je compte sur vous en 2017 !