Ça fait bizarre de dire "Je pars en vacances", alors que ça fait trois mois que je n'ai pas mis les pieds au bureau.
Ça fait bizarre de dire "Je pars en vacances" alors que je suis en chimiothérapie, que les effets secondaires et la fatigue ne vont pas disparaître pour autant, que je vais faire des allers-retours pour le dernier cycle de chimio.

Et pourtant... ce sont vraiment des vacances. On change de cadre, on change de rythme.
Bye-bye les bruits de Paris, les sirènes de pompiers, les supporters de foot, les voisins indélicats, bonjour les cigales, les chats qui se battent la nuit, les grillons et les oiseaux.
Bye-bye le réveil, la conduite de Fiston à l'école, bonjour les réveils tranquilles, les petits câlins avant le petit déjeuner.
Bye-bye les journées minutées, rythmées par la venue de l'infirmière, de l'assistante de vie, bonjour les journées où on prend son temps, on traîne en pyjama, sans impératif...
Bye-bye les escaliers trop hauts de l'immeuble, bonjour la chambre de plain pied.
Bye-bye le square poussiéreux du quartier, bonjour le jardin verdoyant avec sa mini piscine.

Cette année, ce ne seront pas vraiment des vacances sportives ou culturelles, mais des vacances dont j'ai besoin depuis longtemps, une vraie parenthèse, un vrai temps de repos, même s'il est un peu forcé.