On parle de plus en plus des bienfaits de l'activité physique pour lutter contre l'apparition du cancer ou contre la récidive. Dans le cas d'un cancer du sein, on m'a parlé de 25 à 50% de risque de récidive en moins pour les patients pratiquant un sport. Pendant les traitements, une activité physique régulière peut améliorer le bien-être et la qualité de vie du malade en diminuant les effets secondaires et en luttant contre la fatigue.

Dès ma première rencontre avec l'oncologue, celui-ci m'a parlé d'une association sportive au sein de l'hôpital et m'a poussé à m'y inscrire. Apparemment, tous les professionnels de santé ne parlent pas à leurs patients de l'importance du sport pendant ou après le traitement... C'est la Cami qui propose des cours au sein de l'hôpital où je suis suivie, mais aussi en ville, dans plusieurs régions de France. Selon le lieu du cours, on peut faire du karaté, de la danse, du yoga, du canoé, de l'escrime... mais aussi le Médiété, gym douce adaptée aux personnes atteintes d'un cancer, créée par un oncologue et un professeur de karaté.

Pour accéder au cours, il faut d'abord faire un bilan avec un éducateur médico-sportif. Au cours d'un petit entretien, nous avons fait le point sur ma pratique sportive avant la maladie (et il paraît que courir après le métro ou monter les escaliers, ce n'est pas du sport 😕), sur mon traitement et les effets secondaires, sur d'éventuelles contre-indications (certains types de métastases). Puis nous avons fixé trois objectifs en fonction de mes besoins et de mes capacités :

  • restaurer la masse musculaire (qui a fondu dès la première chimio),
  • travailler la tonicité,
  • travailler la résistance à l'effort.

La semaine dernière, j'ai enfin pu m'inscrire à mon premier cours. Nous sommes à l'hôpital, un petit groupe d'une dizaine de personnes. Certains ont l'air de bien se connaître, l'ambiance est bon enfant et bienveillante. Pendant une heure, le coach nous dit de nous faire grandir, d'étirer notre corps, on prend le temps de faire des mouvements qui demandent des efforts à nos corps affaiblis. Il nous montre les mouvements à faire puis passe dans le groupe pour corriger les postures de chacun, pousser certains à poursuivre leurs efforts, réexpliquer le geste à accomplir... On est en chaussettes, ça m'a fait un peu penser à du qi gong, du sport en pleine conscience, mais ce n'est pas parce qu'on ne saute pas en musique qu'on ne transpire pas !

Moi qui me sentais un peu raide et verrouillée en arrivant, j'étais dénouée et grandie après le cours, et la fatigue de l'effort physique avait remplacé celle du traitement. J'espère bien pouvoir continuer régulièrement, voire prendre assez confiance pour me remettre à d'autres sports comme l'aquagym ou la gym suédoise ! En complément, la Ligue contre le cancer suisse propose une brochure "Activité physique et cancer" avec des exercices à faire à la maison... à tester !