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Il avait raison, mon médecin, la chimio, c'est un combat de boxe.

On reçoit un coup, qui, un peu vicieux, petit à petit, nous met KO quelques temps. Quelques jours pendant lesquels on n'a plus d'appétit, on sent ses muscles fondre, parfois on ne se sent pas capable de sortir. Quelques jours où on pourrait enchaîner nuits de sommeil et jours de siestes, si on n'avait pas un Fiston bien vivant, une piqûre quotidienne, une aide ménagère de temps en temps, des courses à faire... la vie !

Puis on se relève doucement.

On se redresse.

On reprend du poil de la bête.

On prend des forces, et l'énergie revient.

On se prépare petit à petit à prendre le coup suivant.

Et ça recommence.

L'avantage, c'est que je sais combien de coups je vais prendre à court terme.

 

Le premier a été dur. Fort. Je me suis même dit que je préférerais presque tout arrêter, que ça ne valait pas le coup. A part une fatigue qui allait et venait, je ne sentais pas grand chose avant de prendre ce cocktail de médicaments. J'avais plein de projets de balades, de sport, de voyages... Et il y a un effet secondaire qui est arrivé par surprise, une embolie pulmonaire accompagné d'une thrombose.

Le deuxième coup a été suivi d'une hospitalisation, pour régler les dommages colatéraux apparus lors du premier. Repos, piqûres d'EPO et d'anti-coagulants. Je me demande comment on peut gagner un Tour de France avec une piqûre d'EPO. Peut-être parce qu'on ne m'en fait qu'une :-D

Troisième coup, ça devient presque une routine. Le coup est mieux dosé, je sais quels remontants prendre, je sens mieux comment mon corps réagit, je m'écoute plus, même si parfois je me sens tellement forte que je veux bouger comme "avant". Mais je me rends compte que je paye ces moments d'insouciance pendant quelques jours après, alors je me calme.

Repose-toi. Mange ce que tu peux, ce que tu veux. Reprends-du poids. Prépare-toi pour le prochain coup. J-5 avant le 4ème coup. Plus que trois coups.